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Compte rendu de l’ assemblée générale

Chers adhérentes et adhérents,

vous pourrez  trouver ci-dessous le compte rendu de l’assemblée générale ordinaire du dimanche 21 septembre 2025.

compte rendu de l’ Assemblée générale ordinaire ( sept 2025 )

Je profite également de ce mail pour vous rappeler l’importance de votre adhésion à l’association sans laquelle nous ne pourrions pas continuer nos activités.

Vous trouverez toutes les informations utiles pour adhérer sur notre page dédiée à la rubrique Association.

Bien à vous
Avec metta

Guillaume Octavius
Président de l’association

Metta in Action (MIA) – Merci pour vos dons

Nos 3 associations réunies, Le Refuge, Terre d’Éveil et Vivekarama se sont réunies pour une soirée Zoom collecte de fonds pour la Birmanie avec Metta In Action, le samedi 14 Juin.

A la suite de cette soirée, des dons généreux ont été collectés afin de répondre à la crise urgente que traverse la Birmanie.

Nous tenons à remercier tous les donateurs(trices) pour leur soutien et pour les résultas concrets et directs sur place.

Merci à vous tou(e)s.

Si vous n’avez pas encore le le temps de faire , un don, il n’est pas trop tard. Retrouver le formulaire ici

Nouvelle page « Actus & Participation » de Vivekārāma

image de lien - icone vers la page "actus & participation"La page « Actus & Participation » de Vivekārāma est en ligne ! Elle rassemble les actus de notre association bouddhiste theravāda : projets en cours, appels à participation, besoins ponctuels et annonces liées à la vie de la Sangha.

Vous y trouverez aussi des lectures recommandées, choisies pour nourrir la réflexion et la pratique. Et surtout, vous pouvez proposer vous-même des textes qui vous inspirent, via un formulaire simple.

Cet espace est conçu pour favoriser la participation, renforcer le lien entre les membres, et faire vivre ensemble la Sangha.

Découvrez la page ici :
Actus & Participation – Association Bouddhiste Theravāda

trois associations réunies pour une Soirée collecte de fonds pour la Birmanie avec Metta In Action

Le Refuge & Terre d'eveil

Nos 3 associations réunies, Le Refuge, Terre d’Éveil et Vivekarama se sont réunies pour une soirée Zoom collecte de fonds pour la Birmanie avec Metta In Action, le samedi 14 Juin.
Après le séisme de Mars 2025, et l’ actuelle guerre civile, la Birmanie fait face à une situation humanitaire grave et sans précédent.

Birmanie - crise et besoin humanitaire (Metta in Action - Avril 2025)

Soutien à Metta in Action

Ariya Nani - fondateur de Metta In Action (MIA)Cette soirée a été guidée par Ariya Baumann, un des piliers de l’association humanitaire Metta In Action. Elle nous a rappelé la situation humaine catastrophique de la Birmanie, et nous a montré les différents projets réalisés en Avril.  Nous avons décidé de soutenir Metta In Action par une nouvelle collecte de dons.

Extrait de la dernière newsletter de MIA (Metta In Action) (Avril 2025)

La population du Myanmar a déjà été confrontée à des défis inimaginables : une guerre civile de plus en plus violente, l’hyperinflation, l’effondrement des infrastructures et la pandémie de COVID-19. Aujourd’hui, c’est la dévastation causée par le tremblement de terre de Sagaing, d’une magnitude de 7,7. Dans les collines de Sagaing, le cœur monastique de la Birmanie, près de l’épicentre du séisme, de nombreuses maisons se sont écroulées ou risquent de s’écrouler lors des prochaines répliques. Le nombre de morts est encore incertain. Nous sommes collectivement de tout cœur avec tout le monde. C’est trop, les difficultés s’ajoutent aux difficultés, et la souffrance est immense.

C’est pourquoi beaucoup d’entre vous ont pris contact ou ont déjà envoyé des dons, ressentant le désir immédiat de faire quelque chose pour soulager cette souffrance. Sadhu, sadhu, sadhu ! Cela peut sembler une goutte d’eau dans l’océan Pacifique, mais beaucoup d’un peu, c’est beaucoup.

Ayya Vīrāñāņī

Voue trouverez toutes les informations pour faire un don sur la page dédiée de notre site

Article (traduit en francais) – Newsletter Avril 2025

Comprendre les Quatre Nobles Vérités : L’Enseignement Fondamental du Bouddha

Les Quatre Nobles Vérités du Bouddha illustrées.Cette introduction aux Quatre Nobles Vérités vous invite à découvrir le cœur de l’enseignement du Bouddha. Dans la tradition bouddhique theravāda, les Quatre Nobles Vérités forment le cœur même de l’enseignement du Bouddha. Elles décrivent avec clarté la nature de la souffrance (dukkha), ses causes, la possibilité de s’en libérer, et le chemin menant à cette libération.

Cet enseignement millénaire, toujours aussi pertinent aujourd’hui, offre une base solide pour quiconque cherche à comprendre la voie bouddhique.

Sur notre site, nous vous proposons une page dédiée à ces Quatre Nobles Vérités, illustrée avec soin et enrichie d’explications accessibles à tous. Vous y découvrirez comment ces vérités s’articulent et guident la pratique au quotidien.

Quelques résultats du questionnaire – Un premier aperçu

Un premier aperçu de vos réponses

 

Vous avez été nombreux à nous soutenir en répondant à notre questionnaire, afin de nous permettre de faire évoluer l’association et de mieux répondre à vos attentes.

Un premier examen de vos réponses montre que vous êtes très satisfaits du fonctionnement de l’association, ainsi que des enseignements qui y sont dispensés.

Vous avez exprimé un réel intérêt pour les méditations guidées, l’étude des suttas et de la philosophie bouddhiste, ainsi que pour la possibilité de participer à des retraites en ligne et à des temps d’échange et de questions-réponses.

Vous avez également indiqué, en grande majorité, que la fréquence des événements vous convenait très bien, que vous préfériez qu’ils se tiennent le week-end, mais pourquoi pas aussi en soirée.

Vous avez aussi exprimé votre souhait de pouvoir être mis en relation avec d’autres membres de l’association, si possible dans un cadre bien défini.

Plusieurs personnes nous ont généreusement proposé de partager certaines de leurs compétences avec l’association. Nous réfléchissons à une manière simple et conviviale de reprendre contact avec elles très bientôt.

Vous nous avez également rappelé votre intérêt pour l’organisation de sessions en présentiel.

Nous souhaitons donner des réponses concrètes à vos suggestions, afin de progresser encore et de mieux partager les enseignements du Bouddha tels qu’ils sont présentés dans la tradition du bouddhisme Theravāda.

Encore merci et à très bientôt lors de nos prochaines sessions.

Posez vos questions aux enseignant(e)s

Vous avez maintenant la possibilité de poser vos questions aux enseignant(e)s.

A l’aide du formulaire, nous transmettrons vos questions à l’enseignant(e) que vous avez indiqué(e). Il pourra y répondre lors d’une prochaine session (ou nous fera parvenir une réponse adaptée).

Vos questions nous permettront aussi de définir les thèmes de nos prochaines sessions.

Ajahn Chah – Un livre évènement

Vivekarama et le Refuge ont le plaisir de vous annoncer la parution de la biographie d’Ajahn Chah, écrite par Ajahn Jayasaro enfin disponible en français.

Ce livre de 800 pages retrace en détail la vie d’Ajahn Chah, une véritable aventure à la lumière des enseignements du Bouddha. Un récit captivant et inspirant, enrichi des enseignements donnés par Ajahn Chah.

Un livre indispensable !!

Extrait:

Aujourd’hui, la grande réputation de Luang Por repose avant tout sur sa capacité à transmettre le Dhamma(…)
Dès ses premiers jours en tant qu’enseignant, avant même la création de Wat Pah Pong, le don de Luang Por pour exprimer les enseignements était clairement apparent. Il savait comment adapter ses enseignements aux besoins de son audience et utiliser des objets du quotidien pour illustrer des sujets profonds en termes simples. Le Bouddha enseignait que le Dhamma devait être dispensé de manière à clarifier, convaincre, stimuler
et réjouir l’esprit de l’auditeur. Ceux qui ont écouté l’enseignement de Luang Por pendant une longue période pourraient affirmer que ces quatre mots résument très bien la manière dont il enseignait.

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Si vous souhaitez obtenir une version papier, nous allons organiser une commande groupée (Vivekarama et le Refuge) auprés de l’imprimeur thaïlandais. En savoir plus

Kālāmā sutta

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Doute et engagement

Le Kālāmā sutta

Le Kālāmā Sutta, un très important discours du Bouddha, est souvent décrit comme la «charte de la libre recherche». Bien que ce texte aille de toute évidence à l’encontre des décrets du dogmatisme et de la foi aveugle en lançant un vigoureux appel à la libre investigation, il est douteux qu’il soutienne toutes les propositions qu’on lui a attribuées. Sur la base d’un seul passage, cité hors contexte, on a fait du Bouddha un empiriste pragmatique qui rejette toute doctrine et toute foi, et dont le Dhamma n’est qu’un simple kit pour libre penseur invitant chacun à accepter et à rejeter tout ce qu’il désire.

On insiste en général trop sur le droit au scepticisme et trop peu sur la réelle nécessité de la conduite éthique, comme si les circonstances s’appliquant au cas des Kālāmā représentaient une règle inflexible et immuable pour entrer dans la connaissance du Dhamma du Bouddha. Il est vrai que dans la Babel des enseignements de toutes origines disponibles aujourd’hui peu en fait peuvent tenir face aux critères du Dhamma; néanmoins une approche erronée de la part de soi-disant bouddhistes ou bouddhistes auto-proclamés consiste à appliquer ceci au Dhamma du Bouddha d’une manière éclectique, choisissant ce qui s’accorde à leurs croyances et opinions préconçues. Tout l’aspect «test par la conduite éthique» est occulté, ils ne sont pas plus concernés de savoir si leurs vues sont «louées par les sages» ou non. Cette attitude les place parmi les autres enseignants qui possèdent un «point de vue» et s’appuient sur celui-ci pour construire leurs croyances religieuses. Il est utile de noter que les groupes éclectiques en Occident, qui considèrent le reste du monde bouddhique comme étant dans l’erreur, sont des mouvements laïcs qui, par dessein ou par circonstances, ne bénéficient pas du guide de la Saṅgha monastique.

Le Kālāmā Sutta justifie-t-il de telles opinions? Ne rencontrons-nous pas plutôt dans ces affirmations cette ancienne tendance à interpréter le Dhamma en fonction des notions qui nous sont agréables ou des préjugés de ceux à qui nous nous adressons? Un examen approfondi du texte lui-même est nécessaire et, afin de comprendre correctement les paroles du Bouddha, il est essentiel de tenir compte de ses propres intentions en les prononçant. Le passage qui a été si souvent cité est le suivant : «Venez, Kālāmā. Ne vous fondez pas sur ce qui est répété, ni sur la tradition, ni sur ce qui est universellement répandu, ni sur les Écritures, ni sur la spéculation, ni sur le raisonnement déductif, ni sur un préjugé, ni sur la compétence d’un enseignant, ni sur la considération “il est notre maître”. Lorsque vous savez par vous-même : “Ces choses sont négatives, blâmables, condamnées par les sages, elles conduisent à la souffrance et au malheur si on les suit. “, abandonnez-les… Lorsque vous savez par vous-même : “Ces choses sont positives, non blâmables, louées par les sages, elles conduisent au bonheur et à ce qui est bénéfique. “, adoptez-les et ne les abandonnez pas. »
Ce passage, comme tout ce qui a été dit par le Bouddha, a été exposé dans un contexte spécifique, en tenant compte d’un public particulier et d’une situation particulière, et doit par conséquent être compris en relation à ce contexte. Les Kālāmā, citoyens de la ville de Kesaputta, avaient reçu la visite d’enseignants religieux possédant des vues divergentes, chacun proposant ses propres doctrines et mettant en pièces les doctrines de ses prédécesseurs. Tout ceci les avait plongé dans un état de profonde perplexité, et ainsi lorsque «l’ascète Gotama», réputé comme étant un «Éveillé», arriva dans leur ville, ils allèrent le rencontrer dans l’espoir qu’il serait capable de dissiper leur confusion. D’après la suite du Sutta il est clair que les problèmes qui les préoccupaient concernaient la réalité de la renaissance et la rétribution des actions positives et négatives.

Le Bouddha commence par assurer aux Kālāmā que dans de telles circonstances il est légitime de douter, assurance qui encourage la libre recherche. Il prononce ensuite le passage cité ci-dessus, conseillant aux Kālāmā d’abandonner les choses qu’ils savent par eux-mêmes être néfastes et de cultiver celles qu’ils savent être bénéfiques. Ce conseil peut être dangereux s’il est donné à ceux dont le sens éthique n’est pas développé, nous pouvons ainsi supposer que le Bouddha considérait les Kālāmā comme un peuple possédant une sensibilité morale raffinée. En tous cas il ne les laissa pas simplement avec leurs propres ressources, mais en les questionnant les conduisit à voir que l’avidité, la haine et l’ignorance, générant la souffrance pour soi-même et autrui, doivent être abandonnées, et que leurs opposés, étant bénéfiques à tous, doivent être cultivés. Le Bouddha explique ensuite que «un noble disciple, dépourvu d’avidité et de mauvais vouloir, sans illusions» demeure répandant sur le monde la bienveillance illimitée, la compassion, la joie sympathique et l’équanimité. Ainsi purifié de la haine et de la malveillance il jouit, ici et maintenant, de quatre «consolations» ou «assurances» : s’il y a une vie après la mort et que les actions portent résultats, le disciple expérimentera une renaissance agréable, alors que si tout cela n’est pas il vit néanmoins dans la paix et la joie ici et maintenant; si des résultats négatifs affligent ceux qui agissent négativement, en raison de sa conduite positive aucun malheur ne l’affligera, et si aucun résultat négatif n’afflige ceux qui agissent négativement, le disciple est de toutes façons purifié et sa conduite sera louée. Les Kālāmā expriment ensuite leur appréciation de ce que le Bouddha vient de dire et leur accord en répétant ces quatre «assurances» et, signifiant par là leur confiance dans le Bouddha, déclarent : «Tout à fait excellent, Seigneur, tout à fait excellent…! Puisse le Bhagavā [1] nous accepter comme upāsaka à partir de ce jour jusqu’à la fin de notre vie, nous accueillir comme ceux qui ont pris Refuge. ».

Le Kālāmā Sutta exemplifie ici une fois de plus l’une des épithètes majeures du Bouddha, purisadamasārathī, c’est-à-dire «celui qui est capable de discipliner les hommes disciplinables» et ses extraordinaires capacités à utiliser les moyens habiles (upâya kosalla) pour amener toutes sortes de personnes à réaliser la Vérité par eux-mêmes.
Le Dhamma fut enseigné aux Kālāmā de cette manière car ils présentaient un esprit curieux, investigateur. Adopter cette approche pour le Dhamma et supposer que c’est la seule véritable approche serait en soi une grave distorsion. Pour ceux qui n’ont pas besoin d’une approche investigatrice et les personnes pour lesquelles par exemple le kamma et la renaissance sont admis, une manière d’enseigner toute différente est employée, en mettant l’accent plus sur la façon de détruire les négativités et de cultiver ce qui est positif, pour finalement transcender les deux. Rien n’est dit au sujet du nibbāna dans le Kālāmā Sutta (bien qu’il soit implicite à l’arrière-plan) pour la simple raison que les Kālāmā n’étaient pas encore prêts à appréhender les niveaux les plus avancés de l’Enseignement.

Il nous appartient maintenant d’apprécier ce que le Kālāmā Sutta nous dit pour nous et pour notre vie, de pratiquer selon cette Voie et de réaliser par nous-mêmes les bénéfices de se comporter ainsi.

[1] Bhagavā
Terme associé aux personnages de haut rang. Épithète généralement appliquée au Bouddha et d’origine obscure. Peut venir de bhaja signifiant «analyser, élaborer», ou de bhaga signifiant «digne de compagnie».
La plupart des traductions existantes sont insatisfaisantes. On trouve le plus souvent : «Bienheureux».

copyright M. H. Dufour, Les éditions des Trois Monts

Dasadhamma sutta

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(Ce texte concerne les bhikkhu mais il peut néanmoins être utile aux laïcs comme base de
réflexion et de contemplation.)

« Bhikkhu, il existe dix dhammā sur lesquels doit profondément réfléchir celui qui a adopté la
vie sans foyer. Quels sont-ils?

  1. Je ne vis plus selon des valeurs et des buts mondains. Ceci doit être une réflexion constante
    pour celui qui a adopté la vie sans foyer.
  2. Ma vie même est soutenue par les dons des autres. Ceci doit être une réflexion constante
    pour celui qui a adopté la vie sans foyer.
  3. Je dois lutter pour abandonner mes anciennes habitudes. Ceci doit être une réflexion
    constante pour celui qui a adopté la vie sans foyer.
  4. Est-ce que je regrette parfois ma conduite ? Ceci doit être une réflexion constante pour
    celui qui a adopté la vie sans foyer.
  5. Mes compagnons dans la voie spirituelle peuvent-ils blâmer ma conduite ? Ceci doit être
    une réflexion constante pour celui qui a adopté la vie sans foyer.
  6. Tout ce qui est mien, aimé et agréable, changera de nature et j’en serai séparé. Ceci doit
    être une réflexion constante pour celui qui a adopté la vie sans foyer.
  7. Je suis le possesseur de mon kamma, héritier de mon kamma, né de mon kamma, relié à
    mon kamma, je demeure soutenu par mon kamma. Quel que soit le kamma accompli, pour le
    bien ou pour le mal, j’en serai l’héritier. Ceci doit être une réflexion constante pour celui qui a
    adopté la vie sans foyer.
  8. Les jours et les nuits passent inéluctablement ; mon temps est-il utilisé de façon correcte ?
    Ceci doit être une réflexion constante pour celui qui a adopté la vie sans foyer.
  9. Est-ce que j’apprécie la solitude ou non ? Ceci doit être une réflexion constante pour celui
    qui a adopté la vie sans foyer.
  10. Ma pratique a-t-elle porté les fruits de la libération et de la sagesse, afin qu’à la fin de ma
    vie je n’ai aucune honte devant les questions de mes compagnons dans la voie spirituelle ?
    Ceci doit être une réflexion constante pour celui qui a adopté la vie sans foyer.»

copyright M. H. Dufour, Les éditions des Trois Monts

Bhāra sutta

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L’attachement à la personnalité

Bhāra Sutta (le fardeau du moi) [1]

L’être humain se trouve, antérieurement à l’Éveil, dans la même situation que Sisyphe [2], condamné à répéter de manière compulsive les mêmes actions et les mêmes attitudes mentales néfastes.
Dans le Bhāra Sutta le Bouddha explique de façon très simple que la charge sous laquelle nous succombons, et qui est génératrice de toutes les souffrances, n’est en fait que l’attachement à l’illusoire personnalité constituée de cinq facteurs, les « cinq agrégats » [3]. C’est l’appropriation de ces cinq agrégats, l’identification à ces divers facteurs, qui nous occulte la perception directe de la réalité et l’accession au soulagement du nibbāna. Dans l’Enseignement du Bouddha il n’existe pas de lien plus fort que celui de l’illusion du moi (sakkāya diṭṭhi), la première des dix entraves nous enchaînant au cycle de la souffrance existentielle, et la plus difficile à déraciner. Ce lien se caractérise par l’attachement au mental-corps, fondé sur l’attachement aux cinq agrégats, le considérant comme « mien », comme quelque chose existant indépendamment. Or ces agrégats constituent un ensemble non permanent et impersonnel constitué d’éléments eux-mêmes non permanents et impersonnels. Aucun de ces éléments, pris individuellement ou collectivement, ne peut constituer une entité immuable, cette entité ne pouvant en outre être découverte en dehors des cinq agrégats.
Ce Sutta est en quelque sorte un résumé éclair des Vérités nobles; le Bouddha les reprend en les reformulant ainsi :

  • quel est le fardeau? (détermination de la source de l’insatisfaction)
  • qu’est-ce qui entretient (porte) le fardeau? (reconnaissance de la source de l’insatisfaction)
  • quel est l’abandon du fardeau? (reconnaissance de la cessation de l’insatisfaction).

Ceci correspondant à la prise de conscience de la présence de la souffrance existentielle, de sa cause, de la possibilité de la cessation de cette souffrance ainsi que de la reconnaissance d’un état au sein duquel cette souffrance existentielle n’existe plus : le nibbāna. Ces quatre nobles Vérités ayant été exposées à de nombreuses reprises par le Bouddha et tout spécialement détaillée dans le Dhammacakkapavattana Sutta, son tout premier discours après son Éveil.
En conclusion il déclare :

« Vraiment les cinq agrégats constituent le fardeau,
l’individu est celui qui le porte,
le portage du fardeau dans le monde est dukkha,
l’abandon du fardeau constitue le bonheur.Si quelqu’un abandonne ce pesant fardeau,
sans en reprendre un autre,
la ” soif ” déracinée
la faim s’apaise, et il s’éteint complètement. »

« bhârâ bhave pañcakkhandhâ
bhârahâro ca puggalo,
bhârâdânam dukkham loke
bhâranikkhepanam sukham.nikkhipitvâ garum bhârah
aññam bhâram anâdiya,
samûlam tanham abbuyha
nicchâto parinibbuto. »

Petite leçon de Pâli

Afin de familiariser le lecteur à la métrique pāli ainsi qu’à la concision de cette langue, nous donnons ci-après la traduction interlinéaire du passage précédent.

bhârâ – bhave – pañcakkhandhâ
fardeau – naître – cinq constituants
bhârahâro – ca – puggalo
celui qui porte le fardeau – et – individu
bhârâdânam – dukkham – loke
présent du fardeau – générant la souffrance – dans ce monde
bhâranikkhepanam – sukham
déposer le fardeau – bien-être
nikkhipitvâ – garum – bhâram

ayant déposé – pesant – fardeau
aññam – bhâram – anâdiya
un autre – fardeau – ne pas prendre
samûlam – tanham – abbuyha
racine – convoitise – arraché
nicchâto – parinibbuto
n’ayant plus faim – totalement éteint.

Notes

[1] Situation dans le Canon pāli : Saṁyutta Nikāya, Khandha Vagga, 22.
Traduction française : Les entretiens du Bouddha, Môhan Wijayaratna, Le Seuil, Points Sagesse, 2001, p. 187.

[2] Roi légendaire de Corinthe qui fut condamné pour ses crimes aux Enfers, à faire rouler un rocher sur la pente d’une montagne mais qui retombait toujours avant d’atteindre le sommet.

[3] Ensemble non permanent et impersonnel constitué d’éléments eux-mêmes non permanents et impersonnels. Le terme « agrégat » peut traduire le concept de khandha, constituants psychophysiques (au nombre de cinq) de l’être humain existentiel, de l’entité conventionnelle appelée une « personne », classifiés en agrégat matériel (rūpakkhandha) et agrégats non matériels (nāmakkhandha).

En termes simples ces agrégats constituent l’ensemble « corps-esprit » :

  1. rūpakkhandha, agrégat de la matière
  2. vedanākkhandha, agrégat de la sensation
  3. saññākkhandha, agrégat de la perception, de l’appréhension
  4. saṅkhārakkhandha, agrégat des formations (mentales)
  5. viññāṇakkhandha, agrégat de la (des) conscience(s) discriminative(s).

copyright M. H. Dufour, Les éditions des Trois Monts

Aṅgulimāla

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Aṅgulimāla : la réhabilitation d’un tueur

« Abandonner tout ce qui est malsain et négatif, cultiver ce qui est sain et positif, purifier son esprit, voici l’enseignement de tous les bouddhas. »
(Dhammapada, verset 183)

Si nous nous accordons la possibilité de changer et d’évoluer vers ce qui est positif dans notre vie de tous les jours, pourquoi en général refuse-t-on cette même possibilité aux délinquants ou aux criminels ? Sommes-nous suffisamment convaincu de la puissance de l’exemple et de la persuasion pour être capable d’offrir à tous, même à ceux qui sont a priori les plus « incurables », les conditions leur permettant d’accéder à ce changement personnel?

Depuis quelques années, dans le cadre de ce que l’on nomme actuellement le « bouddhisme engagé », des bouddhistes, moines ou laïcs issus des différentes traditions, sont très actifs dans les prisons, apportant le Dhamma aux prisonniers ainsi qu’au personnel carcéral. Ces interventions, tout particulièrement répandues dans les pays anglo-saxons, revêtent diverses formes : visites et soutien aux prisonniers, correspondance, cours de méditation, fourniture d’ouvrages bouddhiques, etc. Elles exemplifient parfaitement l’attitude sociale fondamentale de tout pratiquant bouddhiste cohérent, attitude fondée sur la sagesse et la compassion.
Cette activité et les méthodes utilisées remontent aux racines mêmes du bouddhisme et à la conversion du criminel Aṅgulimāla par le Bouddha, dont l’histoire inspire les pratiquants du Dhamma travaillant dans les prisons ainsi que les prisonniers.

L’histoire d’Aṅgulimāla, un « serial killer » de l’époque du Bouddha, illustre la possibilité de manifester la nature lumineuse de l’esprit et de développer les qualités de l’Éveil même dans les conditions les plus extrêmes. Les prisonniers recherchent une nouvelle identité, un nouveau moyen pour se connaître réellement. Généralement ils se méprisent et rejettent leur image, de la même façon que la société les méprise et les rejette. Le récit d’Aṅgulimāla, et les Enseignements bouddhiques en général, montrent qu’il est possible de transformer cette identité de façon positive et de choisir d’agir en fonction de cette nouvelle identité.
Dans l’Enseignement du Bouddha, en vertu de la loi de la non-permanence universelle (en particulier de ce que l’on nomme la « personnalité ») et du caractère complexe et insondable du fonctionnement de kamma-vipāka (les actions et leurs effets) on part en effet du principe qu’il est toujours possible de purifier son esprit et de développer des qualités positives grâce à l’effort personnel et à la pratique. Dans l’Enseignement bouddhique on considère qu’il existe plusieurs mondes d’existence, symbolisés dans la célèbre « Roue des existences », fréquemment représentée dans l’iconographie tibétaine. Ces six états d’existence sont avant tout des descriptions d’états mentaux expérimentés dans la vie en général, aucun de ces états n’étant permanent et se terminant lorsque l’énergie l’ayant suscité est épuisée. Dans chacun de ces domaines il est à remarquer qu’un aspect particulier du Bouddha (ou de l’Éveil) est représenté, traduisant ainsi les potentialités de transcendance (la « nature de Bouddha » en quelque sorte) présentes chez tous les hommes.

L’histoire d’Aṅgulimāla

Elle apparaît dans le Majjhima Nikāya, la collection des Moyens Discours, du Canon Pâli (6e Sutta du Rājā Vagga).
Aṅgulimāla était le fils d’un brahmane influent de la cour du roi Pasenadi de la province de Kosala et reçu à sa naissance le nom d’Ahimsaka (le non violent). Étudiant à l’université de Takkasilâ (Taxila) il devint l’élève préféré de son Maître. Jaloux de sa notoriété les autres élèves empoisonnèrent l’esprit du Maître contre lui; celui-ci trama un plan pour le conduire à sa perte, il lui demanda comme honoraires mille doigts humains. N’ayant aucune alternative Ahimsaka fut contraint, pour remplir cette demande, d’attirer dans une embuscade les voyageurs qui traversaient la forêt Jâlinî et les tuer, leur coupant un doigt à chacun. Il fut connu dès lors sous le nom d’Aṅgulimāla (le collier de doigts) car il portait ses trophées autour de son cou.

N’ayant plus qu’un seul doigt à trouver il vit un jour le Bouddha arriver dans sa direction et se prépara à le tuer. Mais une chose étrange se passa. Aṅgulimāla, malgré toute sa vigueur et sa vitesse ne parvint pas à rattraper le Bouddha qui continuait sa route sereinement et sans hâte. Épuisé et hors de lui, Aṅgulimāla cria au Bouddha de s’arrêter.
Le Bouddha répondit : « Je suis à l’arrêt, Aṅgulimāla, c’est à toi de d’arrêter. ».

Totalement dérouté Aṅgulimāla demanda au Bouddha ce que cela signifiait. Il lui répondit : « Je suis à l’arrêt, Aṅgulimāla, car j’ai abandonné l’usage de la violence envers tous les êtres; mais toi tu n’as aucun contrôle en ce qui concerne les êtres vivants. Par conséquent je suis à l’arrêt, mais toi tu ne l’es pas. » .
Entendant ceci, Aṅgulimāla jeta ses armes et se prosterna aux pieds du Bouddha, puis il lui demanda d’être accepté au sein de la communauté monastique.

Le roi lui-même, tout d’abord choqué de voir un ancien bandit faisant maintenant partie de la communauté monastique, fut étonné de la façon dont le Bouddha avait dompté sans violence Aṅgulimāla alors qu’il avait vainement essayé de le faire par les armes.
Aṅgulimāla parvint par la suite à l’état d’arahanta, de sage pleinement réalisé. Mais ceci ne l’empêcha pas d’essuyer des insultes, de recevoir des jets de pierres et d’immondices et d’être blessé, car les résultats de ses actions se manifestaient de cette manière.

L’histoire d’Aṅgulimāla nous offre plusieurs enseignements fondamentaux. Elle est remplie de symboles pertinents pour tous, mais tout particulièrement pour ceux qui ont commis des actes de violence. Il a été réhabilité, est devenu un membre à part entière de la communauté en contribuant à son bien-être. Le récit nous dit également de façon claire que nos actions produisent des conséquences. Un autre thème important, en fait le thème principal, est celui de la transformation spirituelle; Aṅgulimāla a pu réaliser que son nom Ahimsaka, qui lui fut donné à sa naissance, représentait en fait sa véritable nature, sa nature éveillée :

« “Non violent” est le nom que je porte,
moi qui fut incontrôlé dans le passé;
le nom que je porte est vrai aujourd’hui,
car j’ai abandonné toute violence. »

Aṅgulimāla Parittâ

yato’ham bhagini ariyâya jātiyâ jâto
nâbhijânâmi sañcicca pânam jîvitâ voropetâ
tena saccena sotthi te hotu sotthi gabbhassa

« Chère Sœur, depuis ma naissance dans le noble lignage (mon ordination monastique) je n’ai jamais intentionnellement détruit d’être vivant. Par cette vérité puissiez-vous demeurer en sécurité, puisse l’enfant que vous portez demeurer en sécurité. »

Ce parittâ, littéralement « protection », fait référence à un épisode de la vie d’Aṅgulimāla, et fait partie des Textes canoniques récités par les moines dans le but d’induire des conditions mentales bénéfiques. Celui-ci en particulier est traditionnellement psalmodié au chevet des femmes en couches, et illustre la puissance de que l’on appelle, dans le bouddhisme ancien, la « proclamation de la vérité », saccakiriyâ.

Pour approfondir le sujet :

  • The Engaged Zen Foundation, Post Office Box 700, Ramsey, New Jersey 07446-0700 (www.engaged-zen.org)
  • The Buddhist Prison Chaplaincy Organisation, The Forest Hermitage, Lower Fulbrook, Warwickshire CV35 8AS, United Kingdom (www.angulimala.org.uk)
  • Prison Dharma Network, PO Box 4623, Boulder CO 80306, U. S. A. (www.prisondharmanetwork.org)
  • Doing Time, Doing Vipassanā. Vidéo présentant l’expérience dans la prison de Tihar en Inde. Disponible à : Vipassana Livres, c/o Laurence Tissier, Résidence d’Hennemont, Bât. 10 C, 78100 St Germain en Laye (fax : 01 34 51 62 36)
  • How to Reform a Serial Killer : the Buddhist Approach to Restorative Justice, David R. Loy, Journal of Buddhist Ethics 7, 2000.

copyright M. H. Dufour, Les éditions des Trois Monts